Après avoir appris, samedi 18 juin au matin, par les policiers municipaux, ce qui s’était passé au château. Les condettois présents et tous ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer au cours de la journée m’ont fait part de leur consternation face à un acte lamentable et lâche, à l’encontre d’un équipement départemental qui n’est pas réservé à une élite, mais qui doit permettre, en premier lieu, à tous les enfants du Pas-de-Calais, d’accéder à l’éducation et à la culture. Au vu de ce qui s’est passé hier, on se rend bien compte que c’est plus que jamais nécessaire. Dois-je rappeler que récemment, encore, c’est 3000 collégiens qui se sont emparé d’un site qui conjugue merveilleusement nature et culture grâce à l’engagement de la commune avec la création de la Réserve du Marais, de la Communauté d’Agglomération avec le nouveau plan de cheminements en forêt d’Ecault, et cet équipement Départemental d’exception qu’est ce Théâtre Elisabéthain ouvert à tous les publics.

Lorsqu’on s’attaque à la culture, et surtout quand c’est alimenté par des polémiques stériles qui opposent les uns aux autres et qui ont un impact sur des esprits faibles, on s’attaque à la démocratie et à la liberté. Le phénomène n’est pas nouveau. Il s’est produit au cours de toutes les périodes qui ont précédé l’arrivée du fanatisme et du totalitarisme. Il y a, aussi, des moments où l’imbécilité est dangereuse.

Bien entendu la culture à un coût mais dans les moments difficiles que nous vivons elle est plus que jamais nécessaire. Je le faisais remarquer, au cours de la journée de la déportation et du Salon de l’Histoire, la littérature, la philosophie, la musique, le théâtre, les arts, au-delà de la passion qu’ils suscitent, participent au développement de la réflexion, à l’ouverture d’esprit et favorisent la discussion intelligente, demeurant, en cela, le rempart essentiel contre l’obscurantisme et les régimes totalitaires.

La commune de Condette, propriétaire du site, qui s’indigne d’autant plus qu’on s’en est pris aux remparts du 13è siècle, tient à exprimer sa solidarité avec la politique Départementale et a décidé de porter plainte.

Kaddour Jean Derrar